Additive Factory Hub : une initiative ouverte au service du développement de l’industrie par la Fabrication Additive
7 décembre 2017
Bpifrance : #NosVillesOntDuTalent : Nancy, une mine d’or
8 décembre 2017

PSA Trémery : l’avenir sera électrique

Le site PSA Trémery, c’est un moteur essence ou diesel produit toutes les secondes. Deux millions ont été assemblés cette année. Record de production battu ! Avec les solutions électriques, jusqu’à 900 000 moteurs par an pourraient y être assemblés. Photos archives RL/Pascal BROCARD.

Première pour le groupe PSA. Le constructeur automobile se lance dans le développement de moteurs électriques avec le japonais Nidec. Bonne nouvelle, le site de Trémery a été retenu pour la production à l’horizon 2022.

Trémery, au sein du groupe PSA, c’était le site de référence absolue du diesel. Il y a quinze jours à peine, une nouvelle ligne de moteurs sortait ses premiers modèles. Le DV5R, plus compact, plus puissant et conforme aux normes 2020 antipollution. Mais aussi, le très prisé moteur essence EB Turbo.

DOSSIER

Ça, c’est pour le présent. Car l’avenir du site PSA en Moselle semble désormais et irrémédiablement passer par l’électrique, même s’il n’abandonne ni le diesel ni l’essence. D’ores et déjà, l’usine s’attelle à mettre en place la ligne qui assemblera les futurs moteurs électriques du groupe, à partir de solutions achetées à ZF ou Valeo-Siemens. La DS 3 devrait être le premier modèle commercialisé en version électrique à la mi-2019. D’autres suivront.

Mais PSA veut reprendre la main et devenir acteur mondial du marché de la mobilité électrique et hybride en développant ses propres solutions.

Hier, le constructeur automobile français a annoncé une alliance inédite avec le japonais Nidec, déjà présent sur le territoire français. Son association avec Leroy-Sommer en fait le premier fabricant de moteurs électriques en France. Pour la première fois de son histoire, PSA va créer dès le début de l’année prochaine une co-entreprise où chaque entité, Nidec-Leroy-Somer d’un côté et PSA de l’autre, détiendra 50 % de l’actionnariat.

900 000 moteurs par an

Ensemble, une centaine d’ingénieurs français et japonais – 30 PSA, 30 Nidec et 40 embauches –, vont développer une gamme complète de moteurs hybrides, hybrides rechargeables et électriques, sur le site R & D de Carrières-sous-Poissy dans les Yvelines. Le groupe veut être prêt au moment où le marché sera mature et exigera une production à grande échelle.

La production est programmée à Trémery à partir de 2022. Ces moteurs franco-japonais seront destinés aussi bien aux véhicules PSA qu’à d’autres marques. Jusqu’à 900 000 moteurs pourront être assemblés à Trémery par an.

Par contre, mauvaise nouvelle pour le site de Metz-Borny, spécialisé dans les boîtes de vitesses. C’est Valenciennes qui récupérera les réducteurs à l’horizon 2019-2020, équivalent des boîtes de vitesses pour véhicules électriques jusqu’à présent fabriquées au Japon. Le groupe reprendra même la conception des packs de batterie, hors chimie, de façon à contrôler toute la chaîne.

220 M€ d’investissement seront engagés d’ici à 2022 pour le développement des différents moteurs et leurs mises en production à Trémery.

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a aussitôt réagi, heureux de cette annonce qui « permet de conforter la pérennité de Trémery et en faire un site d’excellence à l’échelle mondiale ». Quatre cents emplois seraient concernés, ce qui ne signifie pas quatre cents embauches mais plus probablement des glissements de compétences.

Car, si le groupe continue à miser sur les moteurs diesel et essence, cette association nouvelle montre sa volonté d’anticiper sur le marché et de proposer ses propres solutions. Que Trémery et ses 3 500 salariés aient été choisis pour amorcer ce virage nouveau ne peut que soulager tout un écosystème qui s’inquiétait pour l’avenir du site.

Textes : Laurence SCHMITT

Source : Républicain Lorrain