Dans le paysage de la French Tech, le territoire lorrain se rassemble sous la bannière Lor’N’Tech. Son objectif est de capitaliser sur ses premiers succès comme Boursorama.

En choisissant Metz pour ses trois prochaines éditions, l’Electronic Sport World Convention met en lumière un écosystème numérique méconnu, mais fertile. Rassemblées sous la bannière Lor’N’Tech, les start-up lorraines font leurs preuves dans des domaines aussi divers que les finances, le commerce, la Silver économie ou les jeux vidéo. La région a vu naître des fleurons numériques tels Boursorama, l’inventeur des cartes de paiement Applicam ou ProConsultant informatique, spécialiste mondial des solutions de gestion des chaînes de télévision.

Plus récemment, la marque d’audio sans fil Divacore, le logiciel d’intervention du BTP 90 Tech, l’outil de prédiction boursière Sésamm ou la solution d’affacturage d’Aston iTrade Finance se sont imposés sur leurs marchés respectifs. Une nouvelle génération de jeunes pousses s’apprête à reprendre le flambeau.

C’Kado s’offre aux commerçants

Créée en Meuse par la petite agence de communication Articomm, la marque C’Kado, qui désigne une plate-forme de chèques cadeaux utilisables auprès de commerçants en France entière, s’est muée en start-up en mars dernier. L’inscription gratuite n’a pas tardé à intéresser fédérations de commerçants et associations de centre-ville, que le système décharge des frais de gestion et d’édition des chèques. Hébergé au Paddok de Nancy et lauréat du Pitch in the Air organisé par Lor’N’Tech au Mondial Air Ballon en juillet 2017, la structure de deux salariés a rapidement gagné en notoriété. Son fondateur, Cédric Caron, a obtenu en octobre un apport de capital de 40.000 euros qui lui permettra de déployer sa plate-forme dans les villes du Grand Est et au-delà d’ici à Noël prochain.

Aux Frontières du Pixel, vers la pole position dans l’e-sport

Constituée voilà cinq ans sous forme de société coopérative d’intérêt collectif, Aux Frontières du Pixel, basée au totem TCRM Blida de Metz, s’apprête à créer une filiale pour s’adapter à un développement galopant. Initialement vouée à l’accompagnement pédagogique grâce aux jeux vidéo dans les collèges et lycées, la structure s’est diversifiée dans l’organisation d’événements d’e-sport dans la France entière. Sa manifestation phare, Hélios Gaming, a attiré 200 compétiteurs du Grand Est en août 2017. Un mois plus tard, elle a ouvert à Freyming-Merlebach l’esports Helios Gaming School, première école privée dédiée aux professionnels du sport électronique. Son chiffre d’affaires a doublé en un an pour atteindre 500.000 euros, tandis que ses effectifs sont passés à la rentrée de 4 à 8 permanents.

Avec Fetch, le restaurant va au client

En juin 2016, quatre étudiants nancéiens ont fondé Fetch sur la base d’une idée simple : livrer à vélo des plats provenant directement de restaurants partenaires. Proposée dans un rayon de 3,5 kilomètres des centres-villes au tarif unique de 3,50 euros, la formule s’est avérée gagnante : 18 mois plus tard, la start-up a essaimé à Metz, Reims, Dijon et Clermont-Ferrand, et vise à présent toutes les villes moyennes de France. Dirigeant de l’entreprise qui compte désormais 18 salariés, 200 livreurs et autant de restaurateurs associés, Jean-Charles Kurdali indique avoir réalisé deux levées de fonds successives – dont il tait le montant. En cours de négociation, la troisième doit lui permettre d’aborder le marché européen.

Sidonie rajeunit la Silver économie

En plein essor, l’aide à domicile trébuche sur une organisation sclérosée, qui peine à rationaliser le temps de travail des intervenants. La start-up mosellane Sidonie entend fluidifier les prestations grâce à son service « Bonjour Sidonie », qui fonctionne à la manière d’un Uber du troisième âge : un simple appel déclenche une intervention à domicile et rassure si besoin l’entourage du bénéficiaire. Incubée par le groupe Docte Gestion et l’Amapa, la start-up de trois salariés hébergée au TCRM Blida de Metz a mobilisé 300.000 euros dans le développement de son application, qu’elle a déployée mi-octobre 2017 à Paris et en Ile-de-France.

Piggou, le cochon qui arrondit l’épargne

Grâce à Piggou, épargner en dépensant ne relève plus tout à fait de l’oxymore. La solution développée par Ludovic Scottez dans les locaux de la Papinière, incubateur du groupe Pret-à-partir, situé à mi-chemin entre Toul et Nancy, propose d’arrondir chaque dépense effectuée par carte à l’euro ou à la dizaine d’euros supérieurs. Une tirelire virtuelle permet d’accumuler de manière indolore une épargne de précaution que l’utilisateur pourra mobiliser à tout moment, moyennant un prélèvement de 3,9 %. Agréée par la quasi-totalité des banques et testée depuis un an par 3.500 épargnants majoritairement lorrains, l’application permet d’économiser en moyenne 400 euros par an. La start-up de deux salariés a récemment lancée son application sur smartphone.

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Source : Les Echos