Mise en ligne des présentations de la matinée d’information sur les appels Efficacité Energétique 2018-2019
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Rappel : Soirée Entreprises – doctorants
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Avec Chooz aujourd’hui et Fessenheim demain, le Grand-Est, futur laboratoire du démantèlement nucléaire ?

Les inspecteurs de l’ASN en mars 2017 sur la centrale de Chooz B (Ardennes) à proximité de Chooz A, arrêtée en 1991 et en cours de démantèlement.  ©ASN/J. Bauche/Sipa Press.

Nouvelle action de l’ONG Greenpeace ce week-end après son intrusion le 12 octobre jusqu’au bâtiment de la piscine de la centrale de Cattenom en Moselle.

Quelques jours auparavant, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) avait livré les résultats des inspections conduites en 2016 sur le parc du Grand-Est qui compte, en plus de Fessenheim (Haut-Rhin), trois autres installations en activité, et une en cours de démantèlement.

Après l’intrusion le 12 octobre dernier, de militants de Greenpeace jusqu’au bâtiment de la piscine (*) de la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, l’ONG a conduit ce week-end plusieurs actions de sensibilisation du public sur la sécurité des centrales, notamment à Metz et à Strasbourg.

Les 2 et 4 octobre dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) – le “gendarme” du nucléaire en France -, avait livré les résultats des inspections conduites en 2016 sur le parc du Grand-Est.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) est celle dont le « rayonnement » médiatique est le plus élevé compte tenu de sa fermeture annoncée. Pourtant, trois autres CNPE (centre nucléaire de production d’électricité) injectent leurs électrons dans le réseau très haute tension régional : Cattenom (Moselle), Nogent-sur-Seine (Aube) et Chooz B (Ardennes).

La filière électronucléaire compte également une installation en cours de démantèlement sur la pointe des Ardennes : Chooz A ; vitrine de ce qu’EDF, leur exploitant, sait défaire.

Dans l’ensemble, les performances restent dans la moyenne en matière de sureté nucléaire (**) et de radioprotection (***). Cependant l’autorité pointe certaines carences…

A Nogent-sur-Seine (Aube), l’ASN regrette que les insuffisances déjà observées en 2015 dans les phases de maintenance des réacteurs n’aient pas été corrigées par l’exploitant. Elles concernent la conduite des mises à l’arrêt /redémarrage, mais aussi la préparation/conduite des opérations de maintenance et la radioprotection.

Sur le site de Chooz B (Ardennes) qui compte deux unités parmi les plus modernes du parc français, l’ASN a également relevé une augmentation du nombre d’événements significatifs. En cause, l’important renouvellement des agents opéré ces dernières années et un manque de vigilance concernant le contrôle des prestataires extérieurs.

Ce dernier point concerne également Cattenom (Moselle) dont le réacteur numéro 1 a fait l’objet d’une visite décennale en 2016, la première en France pour un réacteur de 1.300 mégawatts. La centrale dont les «  performances apparaissent stables à un niveau satisfaisant » subira à nouveau cette inspection approfondie de quatre mois en 2018 pour le deuxième de ses quatre réacteurs.

Fessenheim à demi-régime, Chooz en plein démantèlement

La première visite décennale d’un réacteur de 1300 mégawatts en France a eu lieu en 2016 à Cattenom (Moselle). © EDF/Didier Marc.

cattenom

La doyenne des centrales de l’hexagone, Fessenheim, vit de son côté, une période particulière liée aux perspectives de fermeture sous le quinquennat Macron. Dans ce contexte, l’Autorité de Sûreté Nucléaire note que la centrale se distingue « positivement » en matière de sureté nucléaire, mais invite à une attention particulière concernant les risques de démobilisation des équipes.

L’installation fonctionne à demi-régime depuis le 13 juin 2016, date de l’arrêt du réacteur n°2 (non-conformité sur un générateur de vapeur).

L’ASN en sait-elle davantage sur le calendrier de mise à l’arrêt du site alsacien ? Coïncidera-t-elle avec la mise en service commerciale de l’EPR de Flamanville en Normandie attendue pour 2019 ?

 

« Le délai de préavis pour l’arrêt d’exploitation d’une centrale est de deux ans. A ce jour aucun dossier n’a été déposé concernant Fessenheim auprès de l’ASN », répond Pierre Bois, chef de la division de Strasbourg de l’ASN. A cette échéance, l’instruction du dossier devrait donc prendre encore plusieurs années avant que le chantier de démantèlement ne puisse démarrer.

Pour Chooz A, à l’arrêt depuis 1991, cette instruction a duré cinq ans. Il s’agit de la première centrale en France équipée d’un réacteur à eau pressurisée (REP), une technologie qui équipe l’essentiel du parc français. Son démantèlement pourrait-il servir de modèle pour Fessenheim ?

Pour lire la suite de l’article de Philippe Bohlinger sur Traces Ecrites