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Un été de tous les records pour l’industrie du capital-investissement

Apollo, la firme américaine de capital-investissement de Leon Black (photo) a levé cet été le plus gros fonds de toute l’histoire du non coté, à 24,6 milliards de dollars. – 2014 by Prensa Internacional/ZU

Les levées, le stock de capital et les prix ont atteint des sommets durant la trêve estivale. L’arrivée des géants asiatiques dans le non coté va accentuer la montée de fièvre dans les prochains mois.

L’été a propulsé le marché du non coté à des sommets. L’Américain Apollo, le deuxième gérant mondial, a pulvérisé en juillet le record du plus gros fonds de toute l’histoire du capital-investissement en levant 24,6 milliards de dollars, du jamais-vu, même avant la crise financière. En sept mois, la société d’investissement de Leon Black aura ainsi collecté 115 millions de dollars par 24 heures.

Le numéro un mondial, Black­stone – qui détenait depuis 2007 la palme avec un véhicule de 21,7 milliards de dollars -, s’est lui aussi offert un record cet été : la masse de ses capitaux gérés a atteint 371 milliards de dollars, au plus haut depuis la création de la firme américaine par Stephen A. Schwarzman il y a trente-deux ans. La fièvre est aussi montée en Europe. Le Britannique CVC a levé en juin le septième plus gros fonds de l’histoire du « private equity », à 18 milliards de dollars.

L’Asie, nouveau centre de gravité

Jamais, ainsi, depuis la crise financière l’industrie du non coté n’avait drainé autant de capitaux auprès de fonds de retraite, de banques, de compagnies d’assurance et de grandes fortunes privées. Avec ses rendements à deux chiffres, le secteur profite à plein de l’effet prolongé des taux bas. Le montant des levées frôlait la semaine dernière les 295 milliards de dollars, selon le cabinet Preqin. C’est plus que ce qui a été levé chaque année entre 2000 et 2005, et de 2009 à 2012. A ce rythme, le pic franchi sur l’exercice 2007 (423 milliards de dollars), au déclenchement de la crise, a de ­fortes chances d’être effacé.

Car depuis quelques mois, l’Asie a fait une entrée en force sur un terrain de jeu trusté jusque-là par les Américains et les Européens, avec des moyens bien plus considérables. Sur les dix plus gros fonds en cours de levée, sept sont asiatiques et briguent au total près de 200 milliards de dollars. A lui seul, le japonais SoftBank est en passe de boucler une levée de 100 milliards de dollars dans le capital-risque. Il en a déjà sécurisé la quasi-totalité auprès d’investisseurs tels que Apple, Qualcomm ainsi que de fonds souverains comme Mubadala. De quoi complètement pulvériser le record établi par Apollo.

Flambée des prix

Conséquence de cette ruée des investisseurs vers les fonds non cotés, la « poudre sèche » des firmes de « private equity », c’est-à-dire les capitaux qu’elles ont à déployer, est au plus haut. Ce sont plus de 945 milliards de dollars qui vont ainsi chercher à s’investir dans les entreprises dans les prochains mois, selon les toutes dernières données du cabinet Preqin. Cependant, les opportunités d’investissement risquent de ne pas suffire, car une grande partie des acquisitions se financent en effet par la dette.

Lire la suite de l’article d’Anne Drif dans Les Echos