Bpifrance Université : Réussir votre projet d’Open Innovation
29 juin 2017
Prix Irène Joliot-Curie 2017
1 juillet 2017

Le digital, moteur d’innovations dans l’aéronautique

Améliorer le rythme de production des avions ou des hélicoptères – tout en augmentant la satisfaction des équipes de fabrication – et pouvoir proposer aux opérateurs aéronautiques des services de maintenance innovants et ajustés à l’utilisation réelle des aéronefs – avec une meilleure disponibilité en phase d’opération – sont, selon Jean-Luc Brincourt, expert Accenture, deux promesses que le digital peut apporter au secteur aérospatial et défense.

 Pour Jean-Luc Brincourt, directeur Aéronautique et Défense chez Accenture, cette industrie peut encore améliorer ses rythmes de production et, dans un contexte où les clients réclament plus d’engagement des constructeurs, mieux prédire les modèles de maintenance des appareils. Il appuie notamment son analyse sur les innovations réalisées chez les constructeurs, notamment chez Airbus avec le déploiement des Smart Glasses (lunettes de réalité augmentée), pour lesquelles Airbus et Accenture ont remporté ensemble le Best Mobile Solution for Enterprise Award (prix de la meilleure solution mobile pour les entreprises) décerné par GSMA lors du dernier Mobile World Congress. Cette technologie a considérablement augmenté la productivité des opérateurs sur les chaînes de production, en réduisant le temps nécessaire à l’assemblage des sièges de cabine. De la même manière, ce sont les technologies du digital, comme l’IoT (« Internet of Things » ou Internet des objets) ou le Big Data, qui pourraient permettre aux industriels du secteur de dynamiser leur potentiel d’innovations. Jean-Luc Brincourt partage sa vision et explique comment Accenture adopte une démarche d’amélioration continue pour mieux accompagner ses partenaires.

Comment le digital va-t-il permettre aux industriels de l’aérospatial et de la défense d’innover ?

L’innovation n’a pas attendu le digital, mais le digital lui donne une nouvelle dimension. Au-delà de l’innovation produit qui est cruciale dans ce secteur, les acteurs de l’aérospatial ont su également repenser leurs méthodes de production, au point de parvenir aujourd’hui à sortir des usines près de deux fois plus d’avions par jour qu’ils ne le faisaient il y a dix ans et, ce, sans augmentation notable du personnel de production.

En s’appuyant sur le digital, les rythmes de production atteints à ce jour peuvent encore être dépassés.

Des outils d’analyse de données vont permettre d’identifier en amont les signaux faibles au sein de la supply chain qui annoncent des ralentissements du rythme de production des avions, comme par exemple des problèmes de qualité sur une machine chez un plus petit fournisseur à l’autre bout de la planète. Ainsi les industriels seront moins dans la réactivité, mais plutôt dans une gestion plus pro-active de la supply chain.

Ceci nécessite toutefois de ne pas opposer les nouvelles générations de solutions digitales (Big data, IoT & mobilité, intelligence artificielle, réalité augmentée, blockchain…) avec les solutions d’information actuelles (ERP, PLM…) qui constituent la véritable colonne vertébrale des informations de l’entreprise. Une telle opposition conduirait à passer à côté de gains de productivité solides et à long terme alors que la valeur provient de la combinaison de ces deux univers.

Par exemple, lorsqu’une pièce serait réceptionnée, elle pourrait être plus ou moins automatiquement contrôlée par de l’analytique vidéo et du personnel équipé de Smart Glasses puis automatiquement enregistrée dans l’ERP si sa qualité est satisfaisante. Ceci permet d’éviter de l’enregistrer manuellement pour l’inventorier et donc de gagner du temps sur sa mise en disponibilité pour l’assemblage.

 

Les processus de fabrication sont également améliorés grâce à ce système qui s’appuie sur une technologie dite « wearable » permettant une réduction des cycles de certaines opérations critiques de la production avec des conséquences positives sur les augmentations de cadences attendues sur certains programmes.
Dans l’exemple de la solution wearable IoT pour laquelle Airbus et Accenture ont remporté un Glomo Award, les personnels utilisant cette technologie repèrent et marquent les emplacements des sièges six fois plus vite qu’avant et ont réduit à zéro les erreurs relatives à ce procédé au sein de la ligne d’assemblage finale de l’appareil.
Les opérateurs voient au travers de leurs lunettes de réalité augmentée des indicateurs  qui leur signalent les emplacements des fixations pour les sièges en lien avec la configuration de cabine voulue par la compagnie aérienne. Plus de plan papier au format A3 à consulter, plus d’erreur et moins de vérification à faire.
Mais, surtout, l’Iohttp://www.usine-digitale.fr/article/le-digital-moteur-d-innovations-dans-l-aeronautique.N556263T permet de fédérer les hommes, les machines, les procédés industriels et les données dans un même écosystème. Au-delà des recherches de productivité et d’augmentation de la qualité, cette nouvelle révolution digitale place réellement l’opérateur au cœur du système de production avec toute une entreprise qui interagit différemment pour fluidifier la production. Il est d’ailleurs intéressant sur ce point de noter que nos expériences, menées avec différents ateliers de production aéronautique, ont souvent mis en évidence que des solutions mettant en œuvre des gros robots complexes d’assemblage se révèlent moins performantes que des solutions reposant sur des opérateurs équipés de solutions wearable IoT.

Lire la suite de l’article sur l‘Usine Digitale