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RAISE, le fonds pas comme les autres, plébiscité par les grands groupes et les start-up

Crédit Photo : Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, co-fondateurs de RAISE (tout à droite de la photo), lors du Salon Viva Technology 2017, avec Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels et Sophie Cohendet, co-fondatrice de la start-up LearnAssembly. © Stéphanie Mundubeltz-Gendron

Cité en exemple par Emmanuel Macron lors de son intervention au Sommet des start-up organisé par Challenges en mai 2017, RAISE a également fait l’actualité lors du Salon Viva Technology 2017, en tant qu’intermédiaire privilégié des grands groupes et start-up. Mais pourquoi RAISE fait de plus en plus parler de lui ? L’Usine Digitale a rencontré ses fondateurs, Clara Gaymard et Gonzague de Blignières.

RAISE, encore un fonds pour les start-up ? Oui… et non ! Oui, parce que RAISE soutient les jeunes pousses. Non, parce que RAISE ne soutient pas ces jeunes pousses uniquement d’un point de vue financier. Non encore, parce que RAISE n’accompagne pas les start-up de Série A, mais les “jeunes entreprises de croissance” : “On les appelle ainsi, non pas pour se donner une distinction, mais parce que ‘start-up’, ça veut tout dire et rien dire : on l’emploie aujourd’hui à toutes les sauces“, précise Clara Gaymard.

La jeune entreprise de croissance (JEC), c’est une entreprise qui a déjà un ou deux ans d’âge, qui a son POC (proof of concept, ndlr), qui a déjà des clients, du chiffre d’affaires, des salariés… Chacun estime que lorsqu’elle en est là, elle a réussi, eh bien non ! C’est le moment où tout commence, en réalité. C’est comme lorsque vous obtenez un diplôme, c’est là que vous commencez la vraie vie“. Et lorsque l’on sait que 50% de ces jeunes entreprises de croissance “meurent” au bout de 5 ans, on peut comprendre l’envie de les soutenir…

Non enfin, parce que RAISE fonctionne différemment des fonds traditionnels : “On a fait venir les plus grandes entreprises françaises, indique Gonzague de Blignières. Ce sont les grands groupes qui n’ont pas accès à ces jeunes entreprises de croissance. On leur a fait une promesse de rentabilité, en leur demandant de nous accompagner et de nous aider.” L’intérêt pour ces grands groupes : détecter les start-up qui vont les aider à trouver de nouvelles solutions avant de se faire “disrupter”.

RAISE  : deux entités pour un écosystème

RAISE repose sur la bienveillance, la sécurité, le partage, le feed-back et la performance“, expose Gonzague de Blignières.  Plus concrètement, RAISE est divisée en deux entités complémentaires : RAISE Investissement, qui investit dans des ETI en croissance, et RAISE Fonds de dotation qui crée un écosystème pour les entrepreneurs et leur apporte un accompagnement ciblé, un financement et une visibilité. Comment se rémunère la société ? “Quand on fait une plus-value, le résultat est partagé à 80% par les actionnaires et à 20% par l’équipe de RAISE Investissement. La moitié de ces 20 % est abandonné à au fonds de dotation RAISE“, explique Gonzague de Blignières.

RAISE Investissement a ainsi fédéré 54 investisseurs, dont plus de la moitié issus du CAC 40 (comme Accor, Bouygues, Carrefour, Danone, EDF…).” Avant de préciser : “Là où on a été bien soutenu par nos actionnaires, c’est qu’un actionnaire sur deux a fait une avance sur don. Nous avons donc 400M€ sur RAISE Investissement et 20M€ sur la fondation. Comme on n’utilise pas la totalité de ces 20M€, la fondation est elle-même actionnaire de RAISE Investissement. C’est un écosystème vertueux“, détaille le co-fondateur.  Et Clara Gaymard de souligner : “Cela ne nous empêche pas d’avoir envie de gagner beaucoup d’argent parce que plus on en gagne, plus on en donne“.

4 trous dans la raquette à combler

L’objectif des groupes actionnaires est de “nous aider combler les quatre trous dans la raquette de ces jeunes entreprises de croissance“. Par ces “quatre trous dans la raquette”, Gonzague de Blignières évoquent les quatre raisons principales d’échec des jeunes pousses :  le temps qui “n’est pas le même dans les jeunes entreprises de croissance que dans les PME/ETI et encore moins les grands groupes” ; la finance : “Les moyens financiers ne sont pas les mêmes. Dès qu’ils demandent des premiers 100 000 euros, 200 000 euros, 300 000 euros, c’est compliqué, et si on pouvait éviter la dilution, ce serait plutôt fantastique” ; les relations : “Car, en France, il est difficile de faire se parler des groupes, des ETI et des start-up entre eux” ; et le tutorat et l’accompagnement.”

(…)

Lire l’intégralité de l’article de Stéphanie Mundubeltz-Gendron sur l’Usine Digitale